Aujourd’hui, nous aimerions partager le billet de notre Firefox Student Ambassador, Bamisaye. Il y partage son point de vue sur le développement d’outils web en langues locales dans son pays, le Nigeria.

Le Nigeria est le troisième pays le plus varié au monde d’un point de vue ethnique et linguistique, après la Nouvelle-Guinée et l’Indonésie. Cette diversité culturelle a des implications très importantes dans presque tous les domaines de l’économie; elle implique un investissement majeur au niveau des ressources éducatives et des médias, afin d’atteindre et de satisfaire une population diversifiée.

Brève classification des langues au Nigeria
Malgré la diversité des langues dans les 6 zones géopolitiques, le pays compte trois groupes ethniques et détient donc trois langues principales: le Yoruba, l’Houssa et l’Igbo.
L’Haoussa est parlé dans une grande partie du Nord du Nigeria et entre les expatriés du nord du pays. En 2007, nous comptions 34 millions de personnes parlant la langue, mais la charria a malheureusement limité le taux d’alphabétisation.
Le Yoruba est largement parlé dans le Sud-Ouest et est composé de plusieurs sous-groupes ethniques, tels que le Ijebu, le Awori, le Egba, etc. Ce groupe culturel a été le premier à accueillir la civilisation occidentale, qui a eu de nombreux avantages sur l’éducation. C’est également grâce à cette ethnie qu’a été introduite la première école au Nigeria.
La forme principale de la langue Igbo est parlée entre les divers groupes Igbo du centre-Est du pays. C’est l’un des plus grands groupes ethniques d’Afrique, connu pour sa créativité et son sens des affaires.
Au total, 521 langues sont parlées au Nigéria, comme le Efik dans le Sud-Est, le Peul, parlé dans tout le pays par les agriculteurs, le Kanuri utilisé parmi les groupes Kanuri et les minorités dans la partie Nord-Est du Nigeria et le Pidgin parlé dans diverses formes à travers le Sud.
Le Pidgin a été développé très récemment, principalement à partir de l’anglais. Cette langue est assez «pratique» parce qu’elle nécessite peu d’éducation, ne possède pas de structure grammaticale prédéfinie comme l’anglais et permet aux gens de créer de nouveaux mots relatifs à l’évolution de la vie quotidienne.

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Pourquoi avons-nous besoin de développer des outils web en langues locales ?
Ma communauté devrait être en mesure d’utiliser le web et de profiter d’un service en ligne. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de rejoindre des groupes qui travaillent sur la traduction de contenus web dans ma langue locale. J’ai eu la chance d’interviewer plusieurs personnes au sein de ma communauté et j’ai remarqué qu’ils soutiennent tous cette idée et sont réellement à la recherche d’un web adapté à leur langue locale.
En tant que FSA, je crois que le développement de Firefox OS en Afrique aidera les Africains à accéder au Web.

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Tout d’abord, le développement de Firefox OS en quatre langues autochtones (Yoruba, Igbo, Pidgin et Haoussa) va encourager la lecture, l’écriture et la communication. Notre désir est d’avoir une technologie qui intègre pleinement les langues locales et qui nous permette de promouvoir nos cultures.
Deuxièmement, cela apportera une nouvelle tendance qui mettra en avant un certain sentiment d’appartenance, et qui encouragera les amoureux de la culture à utiliser Firefox OS comme un système d’exploitation qui favorise la diversité ethnique et l’intégration nationale.
Intégrer les langues locales va également permettre aux langues autochtones de combler le fossé entre l’alphabétisation environnementale et technologique. Avoir des outils adaptés, particulièrement  en Pidgin, donnerait aux Nigérians ayant un accès limité à l’éducation, une plateforme d’apprentissage. Cela améliora également le niveau de vie ; puisque la  barrière de la langue serait supprimée, la population aura accès à des applications pour améliorer leur vie quotidienne, etc.

En un mot, ce serait amener le monde à tous ceux qui peuvent lire et écrire le Pidgin, le Yoruba, le Igbo et le Haoussa.

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Written by Bamisaye Oluwaseun